Les Éléments
Ensemble Jacques Moderne
Café Zimmermann
Direction Joël Suhubiette
Eglise Saint-Roch
296, rue Saint-Honoré
Paris (75001)
Tel. 01 48 24 16 97
Extrait du Figaroscope
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| Joël Suhubiette, chef aux horizons multiples. (DR.) |
« Messe en Si mineur »
L’ardente dualité de Suhubiette
Par Thierry HILLERITEAU, mercredi 26 avril 2006.
D’Alfred Desenclos à Jean-Sébastien Bach, il y a un pas de géant. En huit ans, Les Éléments, placés sous la direction de Joël Suhubiette, se sont imposés sur tous les fronts, multipliant grands écarts de répertoire et collaborations. De l’oratorio à la polyphonie vocale a cappella, en passant par l’opéra, apparitions et sollicitations se font de plus en plus nombreuses. Mais le choeur de chambre n’en oublie pas pour autant sa mission première de valorisation de la musique contemporaine.
Ces dernières années, on vous voit de plus en plus dans de grands oratorios baroques. Faut-il y voir un retour aux sources ?
J’ai beaucoup travaillé dans ma jeunesse avec Philippe Herreweghe, et c’est probablement de ce travail sur le baroque, impliquant un grand sens de l’écoute, qu’a découlé ma passion pour l’instrument choral. En professionnalisant Les Éléments en 1997, nous nous sommes tournés naturellement vers le XXe siècle, période très riche pour le répertoire vocal a cappella : ce fut tout Poulenc, Britten ou encore Hindemith. Mais parallèlement à cela, je dirige depuis 1993 l’ensemble Jacques Moderne, spécialisé dans la musique ancienne. Pour un grand oratorio comme celui-ci, nous réunissons sur scène les deux formations.
Pourquoi deux choeurs de chambre plutôt qu’une formation de grande envergure ?
Ce type de formations restreintes permet de travailler la polyphonie vocale a cappella, ce qui pour moi est essentiel si l’on veut aborder par la suite un grand oratorio. Le chant a cappella permet une plus grande clarté, et de nombreux apports au niveau du timbre, de la couleur ou de la justesse. Un choeur qui chante faux a cappella aura toutes les probabilités de chanter également faux avec orchestre.
Vous êtes aussi à l’origine de nombreuses créations. Le chant choral connaîtrait-il un regain d’intérêt de la part des compositeurs ?
En France, l’écriture polyphonique vocale a toujours été adaptée aux instruments existants. De 75 à 95, avec le Groupe vocal de France, on a vu beaucoup d’oeuvres pour douze voix solistes ; aujourd’hui, avec des choeurs professionnels tels qu’Accentus ou Les Éléments peuvent répondre aux exigences des nouveaux compositeurs. On peut aussi y voir un héritage de la vague baroque, qui a mis l’accent sur le mot et sur le verbe. Cette recherche d’une plus grande adéquation entre texte et musique a, semble-t-il, fortement influencé la création contemporaine.